La sueur, cette ennemie qui nous veut du bien
Publié aujourd'hui
06.08.2026
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Mains moites, dos ruisselant, auréoles géantes et odeurs tenaces, la transpiration peut virer parfois au cauchemar. Heureusement, plusieurs solutions permettent aujourd’hui de réguler une sueur excessive.
Si une transpiration abondante peut être très invalidante, elle n’est pas dangereuse. Bien au contraire. «Nous transpirons pour réguler la température de notre peau et de notre corps», explique Michael Mühlstädt, dermato-chirurgien aux Hôpitaux universitaires genevois (HUG). Les facteurs de surchauffe corporelle sont variés: l’activité physique, une température ambiante élevée, la fièvre, certains aliments ou médicaments, ou le stress.
2 à 4 millions de glandes sudorales
Pour évacuer la chaleur, l'organisme dilate d'abord les vaisseaux sanguins. «C’est pour cela que nous rougissons», détaille le spécialiste. Si cela ne suffit pas, nos glandes sudorales entrent en action et libèrent de minuscules gouttes d’eau. En s'évaporant, elles refroidissent le corps.
Toutes les parties de notre peau ne suent pas dans les mêmes proportions. Celles soumises à des frottements, comme les aisselles ou l’aine, concentrent davantage de glandes et libèrent ainsi plus d’eau. «La transpiration sert également de lubrifiant pour éviter les irritations», précise Michael Mühlstädt.
3% de la population souffre d'hyperhidrose
Face à la sueur, nous ne sommes pas tous égaux. Si certaines personnes peuvent rester deux heures en plein soleil sans sentir une seule goutte dégouliner sur leur front, d’autres doivent s’éponger à la moindre volée d’escaliers. «On observe d’importantes différences entre les personnes, confirme le docteur. Pourquoi? Je l’ignore. Mais ce qui est certain c’est que les personnes qui ne transpirent pas du tout ne vivent pas longtemps.» C’est le drame des grands brûlés dont la peau greffée n’abrite aucune glande fonctionnelle. «Il est donc primordial qu’ils aient pu conserver suffisamment de peau saine pour réguler leur température», note le docteur.
À l’inverse, la transpiration excessive, ou hyperhidrose, handicape 3% de la population. Elle affecte habituellement les mains, les pieds, les aisselles et le visage. Elle peut être due à des facteurs neurologiques, hormonaux, toxiques, tumoraux, endocriniens ou autres, mais ses causes restent souvent mystérieuses.
Anti-transpirant puissants
Pour réduire la gêne, différents traitements sont proposés aux personnes touchées. La première solution, et également la plus accessible, consiste en l’application de déodorants à base de sels d’aluminium particulièrement puissants. «Ils ferment les canaux et ont un effet anti-transpirant», explique Michael Mühlstädt. Selon le médecin, pour plus d’efficacité et pour éviter des démangeaisons, la substance doit être appliquée le soir. Quid des potentiels risques cancérigènes des sels d’aluminium? «La mise en garde a été retirée par les pharmacologues européens, répond le spécialiste. Aucune preuve n’a été apportée à la suite des investigations effectuées.»
Une autre méthode consiste en l’ionophorèse. La technique consiste à utiliser un courant électrique de faible intensité sur les zones concernées pour modifier l’activité des glandes. Ce traitement, réalisable directement à la maison à l’aide de bains ou d’autre dispositifs, nécessite une certaine discipline. «Au début, il faut y avoir recours environ 20 minutes plusieurs fois par semaine, puis les séances peuvent être ensuite espacées», détaille Michael Mühlstädt. Le médecin assure que le traitement est indolore et efficace.
La chirurgie thoracique
La dernière option, la plus invasive également, est de «sectionner les nerfs responsables de la transpiration». Impliquant une opération thoracique, elle est réservée aux formes d’hyperhidrose les plus extrêmes et résistantes aux autres traitements. La technique, bien qu’efficace dans la plupart des cas, comporte une complication relativement fréquente: la sudation compensatrice. La transpiration se déplace ailleurs sur le corps comme le torse, le dos ou les fesses.
La sueur n'a pas d'odeur
Composée à 99 % d’eau, la sueur est pratiquement inodore. Les effluves apparaissent lorsque les bactéries de la peau dégradent les sécrétions des glandes apocrines. Liées aux follicules pileux, ces dernières se concentrent principalement dans les aisselles et les zones génitales. Une sueur malodorante peut aussi être liée à une mauvaise hygiène, à la consommation de certains aliments comme l’ail ou l’oignon, ou à un déficit enzymatique.