Une tenue gynécologique

Mélissa Henry

Publié il y a 7 jours

20.01.2026

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Le projet Gynecare+ mêle design et médecine pour créer un vêtement sur mesure.

Six femmes sur dix ont déjà renoncé à un rendez-vous gynécologique à cause du stress, d’un sentiment de gêne ou d’une mauvaise expérience passée, selon un sondage de l’IFOP. Pour y remédier, la jeune designer Lirjeta Maxhuni a imaginé une tenue aux ouvertures pensées et créées pour ne plus avoir à se dévêtir complètement lors de la consultation.

Des ouvertures stratégiques

«C’était compliqué parce que je n’avais aucune référence», explique Lirjeta Maxhuni. À l’École cantonale d’art de Lausanne, sa recherche, orientée sur le lien entre les objets et le corps, l’a poussée à imaginer à quoi pourrait ressembler une tenue spécifiquement dédiée à la consultation gynécologique. Après avoir documenté les témoignages des patientes et du personnel soignant à travers des questionnaires quantitatifs, Lirjeta Maxhuni a suivi durant un semestre différents gynécologues afin d’adapter sa tenue, baptisée Gynecare+. «J’ai reçu des retours positifs de la part des patientes et des médecins qui étaient particulièrement ouvert-es à tester le produit.» La tenue comporte des ouvertures situées au niveau de la poitrine et de la région pelvienne. Des aimants discrets permettent de refermer les ouvertures une fois le geste médical effectué. Le prototype actuel est fabriqué en coton 100% bio, une matière utilisée pour les tenues médicales et préconisée par de nombreux gynécologues: hypoallergénique et respirante, elle réduit les risques d’infection. Il est fabriqué en Suisse, à Lugano, par l’entreprise Dresdensia.

 

En 2024, son projet, réalisé dans le cadre de son bachelor, a reçu la bourse FIT Grant, ainsi que des financements de la part de Pro Helvetia et de la Fondation Casino Barrière de Montreux, qui lui permettront de réaliser une phase de tests. Une douzaine de gynécologues de Suisse romande seront impliqués. « Lorsque j’aurai le prototype final, le but est de faire une production à plus grande échelle et de pouvoir distribuer les tenues dans un maximum de cliniques et d’hôpitaux, d’abord en Suisse romande, puis dans toute la Suisse.»

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