Quand le sport démange
Publié il y a 6 jours
02.04.2026
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Depuis 2020, le nombre de Suisse-ses qui pratiquent la course à pied a quadruplé. Les adeptes sont notamment séduits par la simplicité et les bienfaits de ce sport. Parmi ces coureur-euses enthousiastes, certain-es se retrouvent gêné-es par l’urticaire induite par l’effort. Fabien, 27 ans, amateur de course, de trail et de sports de montagne, en fait partie. «C’était une sensation très désagréable, avec des démangeaisons et des rougeurs surtout sur les bras et les jambes. Ça ne m’a jamais empêché de faire du sport, mais quand ça arrivait en pleine course, ce n’était clairement pas agréable pour la suite de la session.»
Dr Denis Comte, au Service de médecine interne du CHUV, spécialisé en médecine interne et en immunologie et allergie, parle d’une affection très courante, particulièrement chez les jeunes sportif-ves qui s’adonnent à des sports à haute intensité. «Elle survient surtout lors de la montée en température et de la transpiration, souvent au début de l’effort, et provoque des lésions en plaques rouges qui grattent fortement.» Si cette réaction est bénigne dans la grande majorité des cas, elle peut devenir gênante lorsqu’elle survient régulièrement lors de la pratique sportive. Bonne nouvelle, toutefois: il existe des solutions simples qui ne demande pas d’arrêter le sport, appuie le spécialiste.
Urticaire: pourquoi le sport peut la déclencher
L’urticaire est une réaction inflammatoire de la peau provoquant rougeurs, démangeaisons et parfois gonflements. Elle résulte de l’activation des mastocytes, des globules blancs présents dans les tissus, qui libèrent de l’histamine. Ce mécanisme est similaire à celui observé lors d’une réaction allergique, mais avec des déclencheurs différents.
«Si la peau est stimulée, l'urticaire augmente, souvent aux points de pression, même un porte-téléphone autour du bras peut provoquer des plaques», précise le Dr Comte.
Il existe plusieurs types d’urticaire qui peuvent apparaître pendant une séance de sport. La forme la plus fréquente chez les personnes sportives est l’urticaire cholinergique, liée à la montée en température du corps et à la transpiration. Les formes d’urticaire ou d’anaphylaxie strictement induites par l’exercice sont plus rares. L’urticaire cholinergique peut également se déclencher dans d’autres circonstances telles que la pratique du sauna ou la consommation d’aliments épicés. Le dermographisme, une forme d’urticaire lié au frottement, peut également embêter les sportif-ves les plus équipé-es. «Si la peau est stimulée, l’urticaire augmente, souvent aux points de pression comme les élastiques de shorts ou leggings, observe le Dr Comte. Même un porte-téléphone autour du bras peut provoquer des plaques. Les vêtements respirants peuvent aider à limiter ce phénomène.»
Courir sans se gratter: c’est possible!
Pour continuer à courir sereinement le long des berges ou en montagne, il existe quelques mesures à mettre en place. «La prévention joue un rôle central, souligne le spécialiste. La clé: une mise en route progressive de l’activité physique, par exemple, bien s’échauffer et éviter les efforts trop brusques.» Et si les effets perdurent? «Dans certains cas, la prise d’antihistaminiques avant l’activité permet de limiter, voire de supprimer complètement les symptômes.»
Fabien a souffert d’urticaire induite par l’effort pendant près de deux ans. La course à pied et le trail - été comme hiver - déclenchaient ses symptômes. Pour limiter les crises, Fabien a appris à adapter sa pratique. «J’ai fait attention à l’hydratation, à la gestion de l’effort, aux températures extrêmes. En été, je privilégiais l’ombre et j’utilisais de la crème solaire.» Avec le temps et les mesures de prévention, les symptômes se sont estompés.
Pour lui, comme pour d’autres coureur‑euses touché‑es par l’urticaire, la clé n’est pas d’arrêter le sport, mais de mieux comprendre son corps. Le Dr Comte insiste: «Si l’on en ressent le besoin, il ne faut pas hésiter à consulter. Généralement, les personnes qui consultent sont vite rassurées et peuvent continuer une activité sportive normale, qu’elle soit amateure ou de haut niveau.»