L'ADN a sa banque

Carole Extermann

Publié aujourd'hui

28.04.2026

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Destinés à la recherche, les échantillons conservés au sein de la biobanque génomique du CHUV, son issus de dons de patient-es.

Au CHUV, il existe une banque bien particulière: la biobanque génomique (BGC), un espace extrêmement sécurisé qui contient des échantillons d’ADN destinés à la recherche. «Inaugurée en 2013, elle offre une solution clé-en-mains pour les chercheuses et chercheurs, les aidant dans leurs projets et leur permettant de gagner un temps précieux», explique Elodie Ristorcelli, responsable du laboratoire qui gère la biobanque. En effet, en recherche, la phase de collecte comporte des contraintes logistiques importantes, allant du recrutement des participant-es au prélèvement et à la gestion des échantillons (préparation, contrôle qualité, conservation). Et des échantillons, la biobanque génomique en contient un certain nombre: plus de 40'000 patient-es ont en effet accepté de partager leur ADN. «Lorsqu’une personne est admise au CHUV, elle reçoit une brochure d’information sur le consentement général où elle peut indiquer sa volonté de participer à la collecte. Un tube supplémentaire est alors prélevé lors d’une prise de sang effectuée pour les soins.» Les échantillons sont essentiellement utilisés pour étudier l’influence des facteurs génétiques sur les pathologies. «C’est le cas en oncologie où les questions de prédisposition génétique sont centrales dans la recherche ainsi que dans de nombreuses autres spécialités comme la pharmacologie, l’infectiologie ou la cardiologie.» Visite guidée au cœur de la biobanque génomique du CHUV.

1/ Les échantillons

Un tube de sang est prélevé chez les patient-es qui ont accepté de donner un peu de sang pour la biobanque génomique du CHUV. Des hottes permettent de protéger les équipes, mais également de ne pas contaminer l’échantillon lors des manipulations.

2/ L'extrait d'ADN

Les constituants du sang sont séparés par centrifugation, puis la couche intermédiaire contenant les globules blancs est isolée à l’aide d’un automate. Une étape indispensable : c’est en effet à partir des globules blancs que l’ADN peut être extrait.

3/ Une manipulation manuelle

L’isolation de la couche leucocytaire (globules blancs) peut également être effectuée manuellement à l’aide d’une pipette par le personnel de la biobanque.

4/ La quantification

L’ADN doit être quantifié. Pour ce faire, une seule goutte suffit. Sa qualité est également vérifiée.

5/ L'enregistrement

Les données liées à l’échantillon, comme son volume, sa concentration et sa qualité, sont enregistrées, de manière codée, dans une base de données dédiée et sécurisée.

6/ La conservation

Les échantillons sont conservés dans des congélateurs à -80°C, sécurisés. Ces équipements sont surveillés en permanence de manière à pouvoir intervenir rapidement en cas de panne.

7/ La recherche

Les chercheurs et les chercheuses s’adressent à la biobanque génomique pour réaliser leurs projets de recherche. Associés aux données cliniques des donneuses et donneurs, les échantillons sont sélectionnés en fonction de critères précis afin de répondre à la question de recherche. La quantité d’ADN nécessaire pour effectuer les analyses est transmise, de manière encadrée, lorsque le projet a été validé par la commission d’éthique compétente et le comité scientifique de la biobanque.

Pour aller plus loin

Voir le site internet de la biobanque du CHUV:
chuv.ch/bgc